Mis à jour : 2026-08-29
À Grenoble-Eybens, l'année 1968 restera dans les annales comme la plus humide de toute la période étudiée. La station Météo-France a relevé une humidité relative moyenne de 79,8 % cette année-là, un sommet qui n'a pas été égalé depuis. Ce pic survient dans un contexte où l'humidité moyenne de l'ensemble de la période 1949-1968 atteint 76,5 %, une valeur qui témoigne d'un air régulièrement chargé d'humidité dans cette vallée alpine.
Qui dit Grenoble, dit souvent brouillards matinaux et air vif des Alpes. Mais derrière cette image, les données officielles de Météo-France pour la station de Grenoble-Eybens racontent une histoire plus nuancée. Entre le 1er janvier 1949 et le 30 mars 1968, l'humidité relative de l'air a connu des variations annuelles notables, oscillant entre 72,4 % et 79,8 %. Ces chiffres, issus des relevés quotidiens consolidés, permettent de répondre à une question simple : l'air de Grenoble est-il devenu plus humide ou plus sec au fil des années ? La réponse est dans les données.
En regardant les moyennes par décennie, le contraste est frappant. La décennie 1940, représentée uniquement par l'année 1949 dans cette série, affiche une humidité moyenne de 72,4 %. C'est la valeur la plus basse de toute la période. La décennie suivante, les années 1950, grimpe à 77,0 %, soit un air sensiblement plus chargé en vapeur d'eau. Les années 1960, quant à elles, se situent dans une position intermédiaire avec 76,4 %.
Cette évolution n'est pas anodine. Elle traduit des conditions atmosphériques changeantes sur le bassin grenoblois, où la topographie en cuvette joue un rôle majeur dans la rétention de l'humidité, notamment lors des épisodes de brouillard hivernal. Les données de Météo-France montrent que la transition entre les années 1940 et 1950 a été particulièrement marquée, avec un gain de près de cinq points d'humidité relative en moyenne sur l'ensemble des relevés.
Le classement des années les plus humides de la période 1949-1968 fait ressortir un groupe d'années plutôt concentré dans les années 1960. En tête, l'année 1968 avec 79,8 % d'humidité relative moyenne, suivie de près par 1963 avec 79,2 %. L'année 1951 complète le podium avec 78,8 %, tandis que 1958 et 1961 atteignent respectivement 78,0 % et 77,7 %.
Ces cinq années particulièrement humides se répartissent sur l'ensemble de la période, ce qui indique que l'humidité élevée n'est pas un phénomène propre à une seule décennie. La présence de 1968 en tête du classement, année marquée par des événements sociaux majeurs en France, rappelle que le climat suit son cours indépendamment des affaires humaines.
À l'opposé, l'année 1949 se démarque comme l'année la plus sèche de toute la série avec une humidité relative moyenne de 72,4 %. C'est un écart de 7,4 points par rapport à l'année la plus humide, une différence considérable pour un phénomène aussi variable que l'humidité relative. L'année 1962 suit avec 74,2 %, puis 1967 avec 74,4 % et 1966 avec 74,8 %. L'année 1957 clôt ce top 5 des années les plus sèches avec 76,1 %.
Il est intéressant de noter que trois des cinq années les plus sèches se concentrent dans la seconde moitié des années 1960. Cela suggère une tendance à l'assèchement progressif de l'air à la fin de la période étudiée, même si l'année 1968, avec son record d'humidité, vient bousculer cette tendance. Cette alternance entre périodes humides et sèches illustre la variabilité naturelle du climat grenoblois.
Le graphique ci-dessous, généré à partir des données de Météo-France, présente l'évolution complète de l'humidité relative moyenne annuelle à la station de Grenoble-Eybens de 1949 à 1968. On y distingue clairement les années les plus humides (1968, 1963, 1951) et les plus sèches (1949, 1962, 1967).
Le graphique présente la série annuelle complète. Le tableau regroupe les années les plus marquantes ; la série complète provient de Météo-France.
| Année | Humidité relative moyenne (%) |
|---|---|
| 1949 | 72.4 |
| 1950 | 77.0 |
| 1951 | 78.8 |
| 1958 | 78.0 |
| 1961 | 77.7 |
| 1963 | 79.2 |
| 1968 | 79.8 |
Si l'on recule pour embrasser l'ensemble de la période, une conclusion se dégage : l'air de Grenoble-Eybens est devenu globalement plus humide après le seuil des années 1950. La moyenne décennale des années 1950 atteint 77,0 % et celle des années 1960 76,4 %, contre 72,4 % pour la seule année 1949 qui représente la décennie 1940. Cet écart, qui se maintient tout au long des deux décennies suivantes, n'est pas un accident statistique.
Cette tendance à la hausse de l'humidité relative s'explique par plusieurs facteurs que les météorologues connaissent bien : la modification des régimes de précipitations, l'augmentation de la fréquence des masses d'air océaniques arrivant sur la région, et possiblement les débuts de l'influence du changement climatique sur le cycle de l'eau. Même si la période s'arrête en 1968, ces données constituent une référence précieuse pour comprendre l'évolution du climat local sur le long terme.
Pour les habitants de l'agglomération grenobloise, cette humidité relative plus élevée après 1950 a des implications concrètes : brouillards plus fréquents dans la cuvette, ressenti de froid plus marqué en hiver, et conditions parfois propices aux épisodes de pollution atmosphérique piégée dans la couche d'inversion. Ce sont ces réalités quotidiennes que les données de Météo-France permettent de documenter avec précision, année après année.
Source : Météo-France, station de Grenoble-Eybens, données d'humidité relative de 1949 à 1968.
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