L'humidité relative à Batz : 109 ans de mesures, une tendance bien visible

Mis à jour: 2026-08-03

91.8 %
d'humidité relative moyenne annuelle en 1957, l'année la plus humide de toute la série historique de la station de Batz.

Ce chiffre, mesuré par Météo-France, domine le classement des années humides depuis le début des relevés en 1917. Il faut attendre 1994 pour approcher un niveau comparable, avec une moyenne annuelle de 89.6 %. L'année 1957 marque un pic d'humidité qui ne sera plus jamais atteint par la suite, même lors des décennies récentes pourtant marquées par une hausse des valeurs.

La question du changement climatique porte souvent sur les températures, mais l'humidité relative de l'air est un indicateur tout aussi essentiel, car elle conditionne le ressenti, la formation des rosées et des brouillards, ou encore le confort des étés. À Batz, la station météorologique de référence (dont les relevés couvrent la période du 1917-01-01 au 2026-07-31 selon les données Météo-France) permet de suivre cette évolution sur plus d'un siècle. Sur l'ensemble des enregistrements disponibles, l'humidité relative moyenne globale ressort à 87.1 %, une valeur qui témoigne d'un climat très océanique.

Une tendance visible par décennie

En regroupant les mesures par tranches de dix ans (années tronquées à la décennie), les données Météo-France de la station de Batz montrent une évolution qui n'est pas linéaire, mais qui comporte des phases nettement distinctes. Les années 1950 affichent une moyenne de 84.7 % ; les années 1960, nettement plus sèches, descendent à 82.4 % ; puis les années 1990 marquent un retour à des valeurs élevées avec 87.4 %.

Cette remontée de l'humidité au cours des dernières décennies est un fait marquant : entre les années 1960 et les années 1990, l'écart est de plusieurs points, ce qui correspond à un air sensiblement plus chargé en vapeur d'eau. Ce retour de l'humidité n'est pas un phénomène isolé sur la côte atlantique, mais son ampleur à Batz mérite d'être soulignée.

Année la plus sèche : 1952

À l'opposé du pic de 1957, l'année la plus sèche de la série est 1952, avec une humidité relative moyenne de seulement 79.2 %. Ce minimum absolu en près de 110 ans de mesures est un écart remarquable par rapport à la moyenne globale de 87.1 %.

Les années suivantes ne retrouvent pas un tel niveau de sécheresse : 1953 atteint 80.5 %, 1960 s'établit à 82.4 %, et 1954 à 83.6 %. Il faut ensuite attendre 1995 pour trouver une valeur encore basse, avec 85.2 %. Ainsi, les années 1952-1960 concentrent les épisodes les plus secs de toute la série, et ce contraste avec les décennies récentes est un élément clé pour comprendre l'évolution du climat local.

Les cinq années les plus humides

Voici les cinq années où l'humidité relative moyenne a été la plus élevée à Batz selon les données Météo-France :

Les cinq années les plus sèches

À l'inverse, voici les cinq années les plus sèches de la série historique :

Évolution complète année par année

La série annuelle complète des humidités relatives moyennes pour la station de Batz est présentée ci-dessous. Elle montre la variabilité d'une année à l'autre, mais aussi la tendance de fond qui se dégage sur la période récente. Le tableau suivant résume les valeurs les plus représentatives de chaque décennie, afin de mettre en lumière les grandes phases de l'évolution : les années extrêmes (les plus humides et les plus sèches) y figurent, ainsi que des années intermédiaires qui illustrent la progression générale. La série complète, année par année, est disponible sur demande auprès des services de Météo-France.

AnnéeHumidité relative moyenne (%)
195279.2
195380.5
195483.6
195588.1
195688.2
195791.8
196082.4
199287.6
199489.6
199585.2

Tableau récapitulatif des années principales de la série (extrêmes et années de transition). La série complète couvre la période 1917-2026.

Ce que cela signifie pour Batz

Le climat de Batz est fondamentalement humide, avec une moyenne globale de 87.1 % sur l'ensemble de la période 1917-2026. Les variations interannuelles sont notables : on passe de 79.2 % en 1952 à 91.8 % en 1957, soit un écart de plus de dix points entre ces deux extrêmes. Mais la tendance récente, illustrée par les décennies 1990, montre un retour à des niveaux élevés d'humidité relative, après un assèchement relatif dans les années 1960.

Ces données confirment que l'air de la pointe bretonne est resté très chargé en vapeur d'eau, et que les épisodes de sécheresse atmosphérique, comme ceux des années 1950, n'ont plus été observés depuis. Les étés sans humidité, avec un air sec et des sensations de chaleur étouffante, semblent appartenir au passé à Batz, au moins dans la configuration actuelle de l'ensoleillement et des températures.

Le changement climatique ne se lit pas seulement dans les thermomètres ; il se lit aussi dans les hygromètres. La remontée de l'humidité relative moyenne à Batz depuis les années 1960 est un indicateur tangible de la transformation du climat local, qui affecte la perception du temps qu'il fait, la végétation et la vie quotidienne des habitants et des visiteurs de cette pointe du Finistère.

Source : Météo-France — Station de Batz — Série 1917-2026

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