Mis à jour : 2026-08-28
À Montpellier-ENSAM, la chaleur extrême se compte en jours cumulés au fil de l'année. Sur la période 1921-2008, le nombre de jours où le thermomètre atteint ou dépasse 30°C varie fortement d'une année à l'autre. La valeur la plus remarquable est observée en 2003, avec 27 jours de chaleur forte (≥35°C) et 5 jours au-delà de 38°C. Ce même été 2003 a vu le mercure grimper jusqu'à 41,2°C le 14 août, se hissant au second rang des températures maximales jamais relevées à la station, derrière les 41,4°C du 29 juin 1935.
41,4 °C
Mesurés le 29 juin 1935 à Montpellier-ENSAM, c'est la température maximale absolue de toute la série. Ce record, vieux de près d'un siècle, tient toujours face aux étés récents.
Pour mesurer la chaleur extrême, les climatologues ne regardent pas seulement le pic absolu : ils comptent les jours où un seuil est franchi. Ici, trois seuils sont suivis : les jours où la température maximale atteint 30°C (chaleur), ceux où elle atteint 35°C (chaleur forte), et ceux où elle dépasse 38°C. L'année de référence est sans conteste 2003 : 72 jours à 30°C ou plus, 27 jours à 35°C ou plus, et 5 jours à plus de 38°C. Aucune autre année de la série ne cumule autant de jours de chaleur forte. À l'opposé, 1977 ne compte que 4 jours de chaleur (≥30°C) et aucun au-delà de 35°C.
La journée du 29 juin 1935 reste gravée dans les annales de la station montpelliéraine. Le thermomètre y a atteint 41,4 °C, un record absolu qui n'a jamais été égalé depuis. Pour situer l'événement, il faut rappeler que les étés 2003 et 1933 ont approché ce niveau sans le dépasser : 41,2°C le 14 août 2003, 40,1°C le 13 août 1933. La canicule de 2003 a bien failli battre le record, mais il tient toujours, presque un siècle après avoir été établi.
Voici les cinq dates où la température maximale a été la plus élevée à Montpellier-ENSAM depuis le début des relevés :
| Date | Température maximale (°C) |
|---|---|
| 1935-06-29 | 41,4 |
| 2003-08-14 | 41,2 |
| 1933-08-13 | 40,1 |
| 2003-06-20 | 39,2 |
| 2003-08-06 | 39,2 |
On remarque que deux étés concentrent l'essentiel de ces extrêmes : celui de 1933 et surtout celui de 2003, qui place trois de ses journées dans ce top cinq.
La série annuelle complète est présentée ci-dessous. Pour chaque année, on lit le nombre de jours de chaleur (≥30°C), de chaleur forte (≥35°C) et de jours au-delà de 38°C, ainsi que la température maximale enregistrée cette année-là.
Le graphique présente la série annuelle complète. Le tableau regroupe les années les plus marquantes ; la série complète provient de Météo-France.
| Année | Jours ≥30°C | Jours ≥35°C | Jours ≥38°C | Tmax de l'année (°C) |
|---|---|---|---|---|
| 1921 | 0 | 0 | 0 | — |
| 1928 | 60 | 19 | 1 | 39,0 |
| 1932 | 24 | 5 | 1 | 38,1 |
| 1933 | 51 | 8 | 2 | 40,1 |
| 1935 | 53 | 11 | 1 | 41,4 |
| 1937 | 70 | 10 | 2 | 38,9 |
| 2003 | 72 | 27 | 5 | 41,2 |
Les années 1946 à 1969 et 2004 à 2008 apparaissent avec des valeurs à zéro : les données de température ne sont pas disponibles sur ces périodes dans la série consolidée. Les années les plus chaudes se concentrent en deux grandes vagues : les années 1926 à 1938, avec notamment 1937 qui cumule 70 jours à 30°C ou plus, et l'année 2003 qui reste inégalée avec ses 72 jours et ses 27 jours de chaleur forte.
Quand les 38°C sont-ils atteints dans l'année ? Le calcul du nombre moyen de jours par mois sur toute la série donne une image claire :
| Mois | Jours ≥38°C (moyenne) |
|---|---|
| Juin | 0,06 |
| Juillet | 0,02 |
| Août | 0,19 |
Le mois d'août concentre la plus forte probabilité de dépasser 38°C, avec une moyenne de 0,19 jour par an. Juin et juillet restent derrière, ce qui souligne le rôle central du cœur de l'été méditerranéen pour les extrêmes thermiques.
La série s'étend de janvier 1921 à novembre 2008, soit près de neuf décennies de relevés au cours desquels la physionomie des étés méditerranéens a beaucoup changé. Si l'on regarde les valeurs maximales par année, on voit des pics symboliques : 41,4°C en 1935, 40,1°C en 1933, 39,0°C en 1928, puis une longue accalmie jusqu'aux années 1980-1990 où le seuil des 38°C est rarement franchi. L'année 2003 marque une rupture, avec une température maximale de 41,2°C et une fréquence de jours chauds sans précédent dans la série. Ce ne sont pas seulement des valeurs isolées : c'est la répétition des jours au-dessus de 35°C qui a fait de 2003 une année hors norme à Montpellier, avec 27 jours de chaleur forte, contre 19 en 1928 ou 11 en 1935.
Pour qui s'intéresse au réchauffement climatique local, cette série apporte un éclairage précieux : les années extrêmes ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur fréquence et leur intensité récentes, illustrées par 2001 (51 jours ≥30°C) et surtout 2003 (72 jours), méritent une attention particulière. Le record absolu de 1935 reste néanmoins inébranlable, rappelant que la Méditerranée a toujours su produire des chaleurs extrêmes, même si la répétition de ces épisodes s'accélère.
Source : Météo-France, station de Montpellier-ENSAM, période 1921-2008.
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