Mis à jour : 2026-08-14
À la station météorologique de référence de Toulouse Observatoire Jolimont, la fréquence des journées caniculaires est un marqueur essentiel du climat local. En moyenne historique, sur la période complète de mesure qui s'étend de 1847 à 1984, on enregistre habituellement 2,4 jours par an où la température maximale dépasse ou atteint 35 °C. Ce chiffre est le fruit d'un comptage rigoureux réalisé par Météo-France sur plus d'un siècle de relevés quotidiens, une série parmi les plus longues de France métropolitaine.
Ces journées de très forte chaleur ne surviennent pas de manière anodine. Elles correspondent à des situations météorologiques bien particulières, lorsque l'anticyclone d'origine africaine ou ibérique pousse vers la vallée de la Garonne une masse d'air très chaude et sèche. Dans la ville de Toulouse, chaque occurrence est alors vécue comme un pic de chaleur intense, avec un soleil de plomb au cœur de l'été, souvent entre la fin du mois de juin et le début du mois de septembre. Une année comme 1947, avec un maximum absolu de 41,9 °C enregistré le 1er août de cette année-là, illustre parfaitement ce phénomène : c'est d'ailleurs la valeur la plus extrême jamais mesurée à cette station sur l'ensemble de la période étudiée.
La première idée qui vient à l'esprit, c'est que la fréquence de ces jours de chaleur a pu augmenter régulièrement au fil du temps. Les données de Météo-France racontent une tout autre histoire. Si l'on observe la moyenne annuelle par décennie, la décennie 1880 se distingue nettement avec une moyenne de 6,1 jours de chaleur extrême par an. C'est la décennie la plus chaude de cette série sur ce critère, bien avant les années 1950 qui affichent une moyenne de 2,6 jours, ou encore les années 1940 avec 4,5 jours. À l'inverse, la décennie 1870 est la plus calme avec seulement 0,2 jour en moyenne par an.
Parmi les années qui marquent les esprits, l'année 1881 détient un véritable record de fréquence avec 23 jours de chaleur extrême, un niveau sans équivalent dans l'ensemble du registre. Cette année-là, la température maximale a atteint 40,5 °C. D'autres années plus proches de nous, comme 1904 et 1950, se distinguent également avec 11 jours de chaleur extrême chacune. Il faut dire que la série s'arrête en 1984 pour cette station, mais la photographie reste fascinante : la fréquence annuelle oscille fortement, avec des années à zéro jour, comme 1874, 1875 ou 1876, et d'autres très fournies.
Le tableau ci-dessous présente l'intégralité de la série annuelle du nombre de jours de chaleur extrême, c'est-à-dire les jours où la température maximale a atteint 35 °C ou plus, ainsi que la valeur maximale de température enregistrée pour chaque année. Ce suivi à l'échelle de la journée est le plus précis qui soit, car il permet de visualiser les fluctuations d'une année sur l'autre.
Le graphique présente la série annuelle complète. Le tableau regroupe les années les plus marquantes ; la série complète provient de Météo-France.
| Année | Jours de chaleur extrême | Tmax max (°C) |
|---|---|---|
| 1923 | 5 | 41,2 |
| 1929 | 7 | 41,0 |
| 1933 | 5 | 40,5 |
| 1935 | 3 | 40,6 |
| 1941 | 0 | 15,4 |
| 1947 | 10 | 41,9 |
| 1952 | 10 | 40,6 |
Le regard sur les moyennes décennales révèle des contrastes saisissants. Voici les moyennes annuelles de jours de chaleur extrême par décennie, calculées sur la durée complète de la station :
Ce panorama montre que la fréquence des jours de chaleur extrême à Toulouse Observatoire Jolimont n'a pas connu de progression régulière. Les années 1880 ont été particulièrement actives, tout comme les années 1940. En revanche, les décennies 1870 et 1980 affichent des moyennes très basses. Ce constat nuance l'idée d'une montée continue : le climat toulousain a toujours connu des périodes de forte chaleur, entrecoupées de phases plus fraîches.
Lorsqu'une année comme 1881 accumule 23 jours avec une température maximale égale ou supérieure à 35 °C, les habitants de Toulouse sont confrontés à des conditions de vie très éprouvantes. On imagine les nuits où la chaleur ne retombe pas, les volets fermés dès le matin, et les fontaines publiques prises d'assaut. À l'inverse, lorsqu'une année comme 1874 ne connaît aucun jour de canicule, souvent avec des températures maximales plus proches de 34 °C, la vie est tout autre. Cette oscillation fait partie de la réalité climatique de la ville et marque profondément le lien des Toulousains à leur environnement.
La période d'observation s'étend officiellement du 1er janvier 1847 au 31 octobre 1984, avec des trous de mesure sur certaines années comme celles entre 1851 et 1873 ou 1942 et 1945, où les données ne sont pas consignées dans cette série. Ces fragments n'empêchent pas de discerner des tendances de long terme, mais ils rappellent la difficulté de reconstituer des siècles de météorologie avec une précision parfaite. Chaque valeur de ce tableau est pourtant précieuse, car elle a été relevée, vérifiée et archivée par les équipes de Météo-France, dans le respect des normes de mesure les plus rigoureuses.
Source : Météo-France, station Toulouse Observatoire Jolimont, période 1847–1984.
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