Jours de chaleur extrême à Nantes-Bouguenais : une fréquence en pleine mutation

Mis à jour : 2026-08-07

La station météorologique de Nantes-Bouguenais, gérée par Météo-France, a enregistré 16 jours avec une température maximale dépassant 35°C au cours de l'année 2026. C'est l'année la plus riche de toute la série historique qui remonte à 1945. Pour donner un ordre de repère, la décennie 2020 affiche une moyenne de 5,4 jours de chaleur extrême par an, alors que les années 1950 ne comptaient que 0,1 jour par an en moyenne. La question de la fréquence des canicules est donc loin d'être anecdotique dans la région nantaise.

16 jours de chaleur extrême (≥35°C) en 2026 à Nantes-Bouguenais

Pour comprendre la réalité de ce chiffre, il faut parcourir la série complète telle que Météo-France la documente depuis le 1er mai 1945 et jusqu'au 4 août 2026. En 1976, année de sécheresse mémorable, on comptait 6 jours de chaleur extrême. Il a fallu attendre 2003 pour que ce total soit dépassé avec 8 jours, puis 2022 avec 12 jours. L'année 2026, avec 16 jours, continue cette progression spectaculaire. Autrement dit, sur quelques décennies, ce qui constituait un phénomène marginal est devenu une composante notable de l'été nantais.

Une tendance décennale sans appel

La lecture par décennie est éclairante. Les données de Météo-France agrégées pour la station de Nantes-Bouguenais montrent une évolution marquée : après des années 1940 à 1,4 jour par an en moyenne, la fréquence chute à 0,1 jour dans les années 1950, puis oscille entre 0,2 et 1,4 jour jusqu'aux années 2010. La décennie 2020, avec 5,4 jours en moyenne annuelle, pulvérise littéralement les niveaux antérieurs. Notons que la décennie 1940, incomplète puisque la station ne commence ses relevés qu'en 1945, se distingue néanmoins par une moyenne plus élevée que les trois décennies suivantes.

Le regard sur les années extrêmes

Les chiffres les plus parlants de la série concernent les épisodes les plus marqués. Voici les cinq années où la chaleur extrême s'est montrée la plus fréquente, d'après les données Météo-France :

Ces années constituent un repère utile pour le climatologue comme pour le citoyen. Il faut toutefois rappeler que les journées où le mercure franchit la barre des 35°C restaient exceptionnelles dans la seconde moitié du XXe siècle. Les cinq années les moins chaudes de la série — 1945, 1946, 1948, 1950 et 1951 — n'ont d'ailleurs enregistré aucun jour de chaleur extrême, avec des températures maximales annuelles ne dépassant pas 33,8°C.

Le détail année par année

La fréquence des jours de chaleur extrême ne suit pas une progression linéaire simple ; elle procède par à-coups, avec des années charnières. Le tableau ci-dessous retrace les années marquées par les valeurs les plus fortes et les plus faibles de la série. Il montre que les épisodes de chaleur intense se sont concentrés, ces dernières décennies, comme jamais auparavant dans la série.

Année Jours ≥35°C Température maximale de l'année (°C)
20261642,2
2025336,8
2024235,6
2023738,3
20221242,0
2021437,1
2020839,5
2019538,6
2018738,4
2017236,2
2016135,4
2015337,0
2014033,5
2013135,2
2012236,1
2011336,9
2010135,3
2009235,8
2008033,2
2007135,1
2006336,5
2005235,7
2004135,0
2003839,2
2002033,1
2001135,5
2000033,6
1999033,3
1998032,9
1997032,7
1996033,0
1995135,2
1994033,4
1993032,8
1992033,1
1991032,6
1990537,4
1989033,4
1988033,0
1987032,5
1986033,2
1985032,8
1984033,1
1983135,0
1982032,9
1981033,3
1980032,7
1979033,0
1978032,6
1977033,2
1976636,7
1975135,3
1974033,1
1973032,8
1972033,0
1971032,5
1970033,2
1969032,7
1968033,0
1967032,4
1966033,1
1965032,6
1964033,3
1963032,8
1962033,0
1961032,5
1960033,1
1959135,1
1958032,9
1957033,2
1956032,6
1955033,0
1954032,7
1953033,1
1952032,8
1951031,3
1950031,1
1949135,2
1948033,8
1947336,3
1946033,0
1945033,4

Ce tableau, établi à partir des relevés de Météo-France, illustre la répartition des années les plus chaudes. Les dix années citées se répartissent entre les deux extrémités du spectre : d'un côté les records récents qui s'enchaînent à un rythme soutenu, de l'autre les débuts de la série où le seuil de 35°C n'était quasiment jamais atteint. Le 24 juin 2026 reste à ce jour la journée la plus chaude jamais mesurée à la station, avec 42,2°C.

Pour le promeneur qui arpente les bords de l'Erdre ou le visiteur qui découvre la cité des ducs de Bretagne, ces chiffres donnent une mesure concrète du changement en cours. À Nantes-Bouguenais, la chaleur extrême n'est plus un événement rarissime : elle s'installe comme une caractéristique durable des étés, avec des conséquences directes sur la santé publique, la gestion de l'eau et l'urbanisme. Les données historiques de Météo-France constituent pour les chercheurs et les décideurs une base de travail fiable, désormais bien documentée sur plus de huit décennies.

Source : Météo-France — Station de Nantes-Bouguenais — données historiques 1945-2026

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