L'humidité relative à Nantes-Bouguenais : une tendance de fond depuis 1949

Mis à jour : 2026-09-02

Depuis le début des relevés à la station de Nantes-Bouguenais, l'année 1991 détient la moyenne annuelle d'humidité relative la plus élevée, avec 85,9 % de moyenne annuelle. Quarante ans plus tard, la tendance s'est clairement inversée puisque l'année en cours, 2026, affiche la moyenne la plus basse de toute la série historique avec 72,4 % de moyenne annuelle. Ce contraste de plus de treize points entre les deux extrêmes illustre une évolution notable de l'atmosphère dans l'ouest de la France.

Cette page présente l'évolution de l'humidité relative moyenne mesurée à la station Météo-France de Nantes-Bouguenais, située au sud de la métropole ligérienne. Les données couvrent une période continue de janvier 1949 à août 2026, soit l'une des plus longues séries disponibles pour le département de Loire-Atlantique. Sur l'ensemble de cette période, l'humidité relative moyenne générale s'établit à 80,6 %. Cette valeur sert de référence pour évaluer les variations annuelles et décennales.

Les années les plus humides et les plus sèches

Le classement des années par leur humidité relative moyenne révèle une concentration des valeurs extrêmes à différentes époques. Les cinq années les plus humides de la série se situent pour la plupart dans la seconde moitié du XXe siècle : 1991 (85,9 %), 1958 (85,3 %), puis 1951 et 1977 avec chacune 84,3 %, et 1988 avec 84,1 %. À l'inverse, les cinq années les plus sèches incluent des années plus récentes : 2026 (72,4 %), 2022 (75,4 %), 2003 (75,7 %), 1984 (75,9 %) et 2010 (76,8 %).

Ce contraste est d'autant plus remarquable que quatre des cinq années les plus sèches sont postérieures à l'an 2000, tandis que quatre des cinq années les plus humides se concentrent entre 1951 et 1991. L'année 2003, marquée par la canicule historique qui a touché la France entière, apparaît ici avec un taux de 75,7 %, un niveau exceptionnellement bas pour la station qui n'a été dépassé que par 2022 et 2026.

La moyenne par décennie : un dessèchement progressif

Le calcul de l'humidité relative moyenne par décennie confirme une inflexion marquée. Si les années 1950 affichent une moyenne de 82,3 %, les années 2020 (jusqu'à présent) descendent à 77,8 %. Entre ces deux extrêmes, on observe une relative stabilité des années 1960 à 1990, avec des valeurs comprises entre 80,5 % et 82,0 %, avant un décrochage net à partir des années 2000.

Évolution par décennie

DécennieHumidité relative moyenne
194079,2 %
195082,3 %
196082,0 %
197082,0 %
198080,5 %
199081,3 %
200079,8 %
201078,6 %
202077,8 %

Des moyennes annuelles en baisse

Observer les valeurs année par année permet de constater que la baisse n'est pas linéaire mais s'accompagne de fluctuations interannuelles importantes. La moyenne générale de la période atteint 80,6 %, une valeur qui sert de seuil pour comparer chaque année au comportement moyen de la station depuis la fin des années 1940. Le graphique ci-dessous illustre cette évolution sur l'ensemble des années disponibles.

Série annuelle

AnnéeHumidité relative moyenne (%)
1949—
1950—
195184,3
1952—
1953—
1954—
1955—
1956—
1957—
195885,3
1959—
1960—
1961—
1962—
1963—
1964—
1965—
1966—
1967—
1968—
1969—
1970—
1971—
1972—
1973—
1974—
1975—
1976—
197784,3
1978—
1979—
1980—
1981—
1982—
1983—
198475,9
1985—
1986—
1987—
198884,1
1989—
1990—
199185,9
1992—
1993—
1994—
1995—
1996—
1997—
1998—
1999—
2000—
2001—
2002—
200375,7
2004—
2005—
2006—
2007—
2008—
2009—
201076,8
2011—
2012—
2013—
2014—
2015—
2016—
2017—
2018—
2019—
2020—
2021—
202275,4
2023—
2024—
2025—
202672,4

Un contraste frappant entre deux époques

Ce que montrent ces mesures, c'est une évolution de plus de treize points de pourcentage entre la moyenne de l'année la plus humide, 1991, et celle de l'année la plus sèche, 2026. Un écart de cette ampleur sur une série de soixante-dix-sept années ne passe pas inaperçu aux yeux des climatologues. Si l'on songe que ces deux valeurs extrêmes sont espacées de trente-cinq années, on perçoit mieux un changement qui, à l'échelle de la vie humaine, peut sembler lent, mais qui est en réalité considérable dans la longue histoire du climat ligérien.

Les cinq années les plus humides

AnnéeHumidité relative moyenne (%)
199185,9
195885,3
195184,3
197784,3
198884,1

Les cinq années les plus sèches

AnnéeHumidité relative moyenne (%)
202672,4
202275,4
200375,7
198475,9
201076,8

Que signifie cette baisse pour le quotidien ? Une humidité relative plus faible implique un air plus sec, qui accentue la sensation de chaleur en été et favorise une évaporation plus rapide de l'humidité des sols et de la végétation. Pour les habitants de Nantes et de son agglomération, cela se traduit concrètement par des périodes de sécheresse plus marquées, des sols plus durs et une végétation qui souffre davantage lors des épisodes de fortes chaleurs, comme en 2003 où la moyenne annuelle n'a atteint que 75,7 %, un niveau qui place cette année au troisième rang des plus sèches, derrière 2022 et 2026.

La présente analyse repose sur les enregistrements de la station de Nantes-Bouguenais, dont la série s'étend de janvier 1949 à août 2026. Les données publiées par Météo-France constituent une référence de premier plan pour étudier l'évolution du climat local. En offrant la possibilité de consulter plus de soixante-dix-sept années de mesures quotidiennes, elles nous permettent de constater que l'air nantais ne cesse de s'assécher doucement depuis les années 1990, avec une accélération sensible ces dernières années.

Source : Météo-France, station de Nantes-Bouguenais, 1949-2026.

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