Mis à jour : 2026-08-10
Le climat nantais se dessèche lentement mais sûrement. L'humidité relative moyenne mesurée à la station Météo-France de Nantes-Bouguenais a atteint son maximum historique de 85,9 % en 1991, puis est retombée à son niveau le plus bas jamais enregistré, 73,1 %, en 2026. Entre ces deux extrêmes, c'est tout un demi-siècle d'air atlantique qui semble perdre de sa vapeur d'eau. Ce record d'humidité maximale mesurée en 1991 illustre de manière frappante l'ampleur du changement en cours.
Sur l'ensemble de la série de mesures, la moyenne globale de l'humidité relative s'établit à 80,6 % pour la station Nantes-Bouguenais (indicatif 44020001). Ce chiffre, calculé sur tous les enregistrements journaliers disponibles, représente la référence à partir de laquelle on peut juger de l'évolution du taux d'humidité dans l'air ambiant.
Les données couvrent une période s'étendant du 1945-05-01 au 2026-08-08, soit près de huit décennies d'observations continues. Cette profondeur temporelle permet de dégager une tendance nette : l'air nantais est aujourd'hui nettement moins humide qu'il ne l'était dans les années 1950 à 1980, avec une accélération du phénomène au cours des deux dernières décennies.
L'année 1991 détient toujours la palme de l'humidité avec une moyenne annuelle de 85,9 %. Elle est suivie de près par 1958 avec 85,3 %, puis par 1951 et 1977 qui se partagent la troisième place avec 84,3 % chacune. Ces valeurs, proches de la saturation, correspondent à des périodes où les vents d'ouest apportaient régulièrement des masses d'air maritime chargées d'humidité.
À l'opposé, l'année 2026 se distingue par une aridité inhabituelle : avec 73,1 %, elle constitue l'année la plus sèche de toute la série. Viennent ensuite 2022 avec 75,4 %, 2003 avec 75,7 %, 1984 avec 75,9 % et 2010 avec 76,8 %. On remarque que trois de ces cinq années les plus sèches appartiennent au XXIe siècle, ce qui confirme l'assèchement progressif de l'air nantais ces dernières décennies.
Le tableau ci-dessous présente les moyennes décennales de l'humidité relative. Les années 1940 affichent 79,2 %, mais c'est la décennie 1950 qui culmine à 82,3 %, suivie par les années 1960 et 1970 à 82,0 % chacune. Les années 1980 marquent le début du repli avec 80,5 %, puis les années 1990 remontent légèrement à 81,3 %. Depuis, la tendance est clairement à la baisse : 79,8 % dans les années 2000, 78,6 % dans les années 2010, et 77,9 % pour la décennie 2020 en cours.
| Décennie | Humidité relative moyenne (%) |
|---|---|
| 1940 | 79,2 |
| 1950 | 82,3 |
| 1960 | 82,0 |
| 1970 | 82,0 |
| 1980 | 80,5 |
| 1990 | 81,3 |
| 2000 | 79,8 |
| 2010 | 78,6 |
| 2020 | 77,9 |
Cette diminution d'un peu plus de 4 points entre les décennies les plus humides et la période actuelle peut paraître modeste en valeur absolue. Mais pour un climat océanique tempéré comme celui de la Loire-Atlantique, elle représente une modification sensible du ressenti. L'air plus sec accentue la sensation de chaleur en été et peut avoir des conséquences sur la végétation et les sols.
Le changement ne se manifeste pas de manière brutale, mais par une lente dérive. L'humidité relative nantaise reste élevée en comparaison de régions plus continentales, mais sa trajectoire est clairement orientée à la baisse depuis les années 1990. Entre la valeur maximale mesurée en 1991 (85,9 %) et le minimum de 2026 (73,1 %), l'écart atteint près de 13 points, un écart considérable pour une variable météorologique souvent perçue comme stable.
Les données montrent également une irrégularité interannuelle forte : les années se suivent sans se ressembler, comme en témoignent les valeurs contrastées de 1984 (75,9 %) et 1988 (84,1 %), ou plus récemment entre 2010 (76,8 %) et les années humides qui ont pu ponctuer la décennie. Cette variabilité est une caractéristique naturelle du climat océanique, mais elle s'inscrit désormais dans un contexte de baisse tendancielle.
L'humidité relative mesure le rapport entre la quantité de vapeur d'eau présente dans l'air et la quantité maximale que cet air pourrait contenir à la même température. Une valeur de 80,6 % en moyenne sur toute la période signifie que l'air nantais est régulièrement proche de la saturation, surtout en hiver et au printemps, mais qu'il s'en éloigne davantage en été et en période de canicule.
Les chiffres présentés ici proviennent des relevés officiels de la station Météo-France de Nantes-Bouguenais, qui fait partie du réseau de référence. La série complète, commencée en 1945 et encore active en 2026, offre un recul exceptionnel pour analyser l'évolution du climat local. La valeur de 73,1 % enregistrée en 2026 interroge : assiste-t-on à une année exceptionnelle ou à un nouveau palier vers un air plus sec ? Seules les prochaines années permettront de trancher.
Source : Météo-France, station Nantes-Bouguenais — données publiques sous licence Etalab. Période d'observation : 1945–2026.
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