Mis à jour : 2026-08-07
Du 12 au 23 juillet 1928, la station de Nice Mont-Gros a enregistré 12 nuits tropicales consécutives, c'est-à-dire 12 nuits d'affilée où la température minimale n'est jamais descendue sous les 20 °C. C'est la plus longue série de ce type sur l'ensemble de la période analysée, qui court du 1er mars 1884 au 31 décembre 1935. Un été caniculaire qui a marqué la Riviera.
Pour bien comprendre ce que signifie une nuit tropicale, il faut se pencher sur la température minimale du jour. À Nice, sur la colline de Mont-Gros, les relevés quotidiens de Météo-France permettent de distinguer les nuits douces des nuits franchement chaudes. Lorsque la température minimale atteint ou dépasse 20 °C, on parle de nuit tropicale, un indicateur particulièrement suivi pour évaluer la chaleur estivale sous nos latitudes méditerranéennes.
La série de juillet 1928 est d'autant plus remarquable qu'elle s'étend sur près de deux semaines complètes. Les nuits niçoises n'ont pas offert le moindre répit aux habitants pendant cette période : l'air chaud emmagasiné en journée ne s'est jamais suffisamment refroidi pour passer sous le seuil des 20 °C. Cela signifie que, chaque matin, la ville se réveillait déjà dans une atmosphère estivale, quasiment sans phase de fraîcheur nocturne.
Le classement des épisodes les plus longs fait apparaître une concentration d'étés chauds dans la première moitié du XXe siècle. Voici le top 5 des séries de nuits tropicales consécutives enregistrées entre 1884 et 1935, calculé sur la base des données brutes de Météo-France :
| Début de la série | Fin de la série | Jours consécutifs |
|---|---|---|
| 12 juillet 1928 | 23 juillet 1928 | 12 |
| 1er août 1911 | 11 août 1911 | 11 |
| 14 août 1898 | 24 août 1898 | 11 |
| 26 juillet 1921 | 4 août 1921 | 10 |
| 3 août 1923 | 11 août 1923 | 9 |
On observe que les mois de juillet et d'août concentrent l'essentiel de ces longues séquences chaudes. Le record absolu de 12 jours date de 1928, mais les étés 1911, 1898, 1921 et 1923 ne sont pas en reste, avec des séries de 10 à 11 nuits tropicales consécutives. Ces épisodes restent des références pour la climatologie locale de la Côte d'Azur.
Une nuit tropicale isolée est déjà un signal. Mais une série de 12 nuits consécutives ne raconte pas une simple journée chaude : elle décrit un régime météorologique installé, durable, où l'air méditerranéen reste bloqué sur la région. Cela implique des températures minimales élevées pendant près de deux semaines, avec un impact réel sur le confort nocturne, la santé des personnes fragiles et les besoins en climatisation, même si cette notion était moins répandue en 1928.
Pour les curieux de climatologie et les habitants de Nice qui se souviennent des étés récents, ce chiffre de 12 jours est saisissant. Sur la période complète des relevés, rien n'a dépassé cette série de juillet 1928. Il faut dire que la station de Mont-Gros, installée sur les hauteurs de la ville, offre un cadre de mesure particulièrement stable et fiable, ce qui renforce la crédibilité de ces données historiques.
Le choix du seuil de 20 °C pour définir une nuit tropicale est un standard utilisé par les climatologues pour caractériser les nuits chaudes sous climat tempéré. À Nice, la proximité de la mer adoucit naturellement les températures nocturnes, mais un passage sous la barre des 20 °C reste fréquent en été. Le fait de ne jamais descendre en dessous de ce seuil pendant 12 jours témoigne donc d'une masse d'air exceptionnellement chaude et persistante.
Quand on interroge la série complète des nuits tropicales à Nice Mont-Gros, c'est bien l'épisode de juillet 1928 qui arrive en tête. Les étés suivants, dans la première moitié du XXe siècle, ont connu des séries de 11 jours, mais aucun n'a égalé les 12 jours consécutifs de 1928. Ce record historique permet de donner une profondeur de champ aux discussions sur la variabilité climatique en région méditerranéenne.
Les données qui fondent cette analyse proviennent des archives de Météo-France, l'organisme national de météorologie, et couvrent l'intégralité de la période d'observation de la station, soit du 1er mars 1884 au 31 décembre 1935. C'est grâce à la continuité de ces relevés que nous pouvons aujourd'hui reconstituer et comparer les grandes séries de chaleur de la Côte d'Azur.
La prochaine fois qu'un été niçois semblera interminable, rappelez-vous que l'été 1928 détient toujours la palme. Les Niçois d'alors ont vécu, entre le 12 et le 23 juillet, une séquence de nuits tropicales ininterrompues qui, depuis, n'a jamais été égalée sur la colline de Mont-Gros. Un petit épisode d'histoire climatique locale qui mérite sa place dans les annales.
Source : Météo-France, station Nice Mont-Gros, période 1884-1935.
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