Mis à jour : 30 septembre 2026
Le 25 juillet 2019, la station de Paris-Montsouris a enregistré 42,6 °C : température maximale la plus élevée jamais relevée à cette station. C'est le sommet de la série ouverte en 1873 — et une valeur qui n'a jamais été reproduite depuis.
La question est simple : à quelle fréquence Paris franchit-il vraiment le seuil de la chaleur extrême ? Sur la série complète de Paris-Montsouris, station de référence de la Météo-France pour la capitale, les journées à plus de 38 °C sont rares. La moyenne annuelle, calculée sur l'ensemble des années entières de la série, ressort à 0,1 jour à plus de 38 °C par an, pour 0,9 jour de forte chaleur par an (au moins 35 °C) et 9,7 jours de chaleur par an (au moins 30 °C). Le maximum sur une même année est de 5 jours à plus de 38 °C, atteint lors de la canicule de 2003.
Autrement dit, à l'échelle de la série, une année parisienne « normale » ne connaît pratiquement aucun jour à plus de 38 °C. Cette extrême rareté statistique explique l'impact à chaque occurrence : ces journées isolées tombent toujours pendant des vagues de chaleur marquantes.
Les températures maximales 0,07 et 0,05 — correspondent au nombre moyen de jours à plus de 38 °C en juillet et en août. Le mois de juillet est le plus concerné : la chaleur extrême parisienne est un phénomène strictement estival, qui s'est produit hors de ces deux mois au cours de la période analysée.
| Mois | Jours à plus de 38 °C (moyenne) |
|---|---|
| Juillet | 0,07 |
| Août | 0,05 |
Cinq dates suffisent à résumer la violence des extrêmes à Paris. Deux d'entre elles appartiennent à la même séquence de juin 2026, et la plus récente du classement arrive juste après le record absolu.
| Date | Température maximale (°C) |
|---|---|
| 25 juillet 2019 | 42,6 |
| 24 juin 2026 | 40,6 |
| 19 juillet 2022 | 40,5 |
| 28 juillet 1947 | 40,4 |
| 25 juin 2026 | 40,1 |
Le contraste entre 1947 et les années 2019-2026 est frappant : la seule date antérieure aux années 2000 du classement est celle du 28 juillet 1947. Toutes les autres appartiennent au XXIe siècle, et deux d'entre elles ont moins de trois mois.
Lue par décennies, la série raconte une histoire claire. Le rythme de fond des jours de chaleur (au moins 30 °C) par an reste modeste jusqu'aux années 1970, puis s'accélère : on passe à 12,9 jours par an dans les années 1990, 12,3 dans les années 2000, 16,0 dans les années 2010 et 20,2 pour les années 2020 (six années complètes seulement). Les jours de forte chaleur (au moins 35 °C) suivent la même pente : 0,0 par an dans les années 1980 contre 3,7 dans les années 2020.
Les jours à plus de 38 °C, eux, restent comptés à l'unité : 0,0 pendant les décennies 1920 à 1990, puis 0,5 dans les années 2000, 0,5 dans les années 2010 et 0,8 dans les années 2020. Le seuil extrême lui-même se met à tomber plusieurs fois par décennie là où il ne tombait presque jamais.
Sur toute la série, seules quelques années comptent au moins un jour au-dessus de 38 °C. À Paris-Montsouris :
L'année 2003 reste celle qui a cumulé le plus de jours au-dessus de 38 °C, avec 5 journées : une séquence exceptionnelle, portée par une vague de chaleur longue plutôt que par un pic ponctuel. À l'inverse, 2019 doit son record à un épisode très bref mais d'une intensité inédite.
Le tableau ci-dessous reprend, pour chaque année complète de la série, le nombre de jours à plus de 38 °C, le nombre de jours de forte chaleur (au moins 35 °C), le nombre de jours de chaleur (au moins 30 °C) et la température maximale atteinte dans l'année. Les années incomplètes, dont 2026, sont exclues des moyennes et des totaux annuels.
Le graphique présente la série annuelle complète. Le tableau regroupe les années les plus marquantes ; la série complète provient de Météo-France.
| Année | Jours > 38 °C | Jours forte chaleur (≥ 35 °C) | Jours de chaleur (≥ 30 °C) | Tmax de l'année (°C) |
|---|---|---|---|---|
| 1900 | 1,0 | 5,0 | 21,0 | 38,6 |
| 1901 | 0,0 | 0,0 | 13,0 | 33,9 |
| 2003 | 5,0 | 10,0 | 23,0 | 39,5 |
| 2012 | 2,0 | 2,0 | 12,0 | 38,4 |
| 2019 | 2,0 | 4,0 | 20,0 | 42,6 |
| 2020 | 2,0 | 8,0 | 23,0 | 39,3 |
| 2022 | 2,0 | 5,0 | 23,0 | 40,5 |
À Paris-Montsouris, la chaleur extrême reste, sur l'ensemble de la série 1873-2025, un phénomène compté en journées isolées : la moyenne s'établit à 0,1 jour à plus de 38 °C par an, contre 0,9 jour de forte chaleur et 9,7 jours de chaleur. Mais la répartition de ces journées a profondément changé : presque absentes des décennies 1920 à 1990, elles apparaissent maintenant régulièrement depuis les années 2000, et c'est en 2019 que la station a inscrit son sommet absolu, avec 42,6 °C le 25 juillet.
Pour qui veut suivre son propre climat local, la série complète par station, agrégée sur plus d'un siècle, reste le seul moyen de replacer une vague de chaleur dans une histoire longue. C'est exactement ce que permet la série de Paris-Montsouris.
Source des données : Météo-France — station de Paris-Montsouris (75 m d'altitude), période 1873-2025. Données publiques, licence Etalab.
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