Jours de gel consécutifs à Dijon-Longvic : la plus longue série jamais enregistrée

Mis à jour : 2026-08-07

L'hiver 1986 reste gravé dans les annales de la station météorologique de Dijon-Longvic. Entre le 24 janvier et le 4 mars 1986, la température minimale est restée sous le seuil du gel pendant 40 jours consécutifs, soit la plus longue série de gelées jamais mesurée à cette station depuis le début des relevés réguliers en 1921. Cette période s'étend sur plus d'un mois complet sans aucun dégel, un épisode remarquable même pour le climat bourguignon.

Lorsque le thermomètre descend sous zéro au lever du jour et que la gelée blanche persiste, le gel est dit "continu" quand la température minimale reste inférieure à 0°C pendant plusieurs jours de suite. Sur le long terme, ces séries sont rares et marquent la mémoire collective. À Dijon-Longvic, la station de référence du département, la plus longue séquence de gelées consécutives a été battue il y a près de quatre décennies, et elle tient toujours.

Le record : 40 jours sous le gel en 1986

La plus longue série de gelées consécutives jamais enregistrée à Dijon-Longvic s'étend du 24 janvier au 4 mars 1986, soit 40 jours de gelée ininterrompue. Pour mettre en perspective cet épisode, il faut comprendre qu'une telle durée implique des conditions anticycloniques stables et un air froid persistant. Les habitants de Dijon ont vu les cours d'eau gelés, les buissons blancs chaque matin, et les températures minimales qui n'ont jamais quitté le négatif pendant plus de cinq semaines. Ce record n'a jamais été approché depuis dans cette station, et il survit à toutes les variations climatiques postérieures.

L'hiver 1986 n'atteint pas seulement un record de durée : il a aussi laissé une empreinte durable dans les statistiques locales. La série de 1986 a été précédée d'un enneigement précoce qui a favorisé un refroidissement radiatif intense, et suivie d'un dégel progressif. Ce type d'épisode est devenu plus rare dans la région depuis les années 2000, en raison d'hivers globalement plus doux, mais le gel de 1986 reste un événement de référence pour les climatologues.

Les cinq plus longues séries de gel à Dijon-Longvic

En analysant les relevés de Météo-France depuis 1921, les 5 plus longues séries de gelées consécutives à Dijon-Longvic sont les suivantes :

Date de début Date de fin Jours consécutifs de gel
24 janvier 1986 4 mars 1986 40
16 décembre 1970 18 janvier 1971 34
25 janvier 1929 25 février 1929 32
23 janvier 1991 22 février 1991 31
31 janvier 1956 28 février 1956 29

On observe la prédominance des hivers de la fin du XXe siècle dans ce classement. Le record de 1986 est d'autant plus exceptionnel qu'il devance de 6 jours le deuxième épisode le plus long, celui de l'hiver 1970-1971, qui a gelé sans interruption pendant 34 jours entre décembre et janvier. Le troisième est celui de 32 jours, en février 1929, une année de gel extrême en Europe. Plus récemment, l'hiver 1991 a offert une série de 31 jours de gel consécutifs, de fin janvier à fin février. Enfin, le fameux février 1956, connu pour son froid mordant dans toute la France, occupe la cinquième place avec 29 jours de gelées continues.

Ces épisodes ne sont pas seulement des curiosités statistiques : chacun a eu des conséquences concrètes sur l'agriculture, la viticulture et le chauffage domestique. En 1986, les vignerons bourguignons ont dû composer avec des températures négatives, le sol gelé en profondeur et une reprise tardive de la végétation. La station de Dijon-Longvic étant située à proximité immédiate des coteaux viticoles, ces chiffres sont directement représentatifs des conditions vécues par les exploitants de la région.

La persistance du froid, un enjeu climatique local

La longueur d'une série de jours de gel dépend de plusieurs facteurs : un air froid continental, un ciel clair pour le rayonnement nocturne, et un vent faible pour éviter le brassage des masses d'air. Dans la plaine dijonnaise, l'humidité de la Saône peut à l'inverse favoriser les brouillards givrants qui prolongent le froid au petit matin.

Le record de 40 jours, en 1986, date d'une période où les hivers rigoureux étaient encore fréquents en Bourgogne. Aujourd'hui, de telles séquences sont de plus en plus improbables, mais les données de Météo-France montrent que le gel reste un phénomène récurrent dans la région, même si sa durée maximale diminue lentement. La station de Dijon-Longvic, l'une des plus anciennes de la région, offre ainsi un fiable témoignage de cette évolution.

Pour les curieux de climat local, cette série est une référence : elle constitue le cas le plus extrême de froid persistant enregistré depuis le début des relevés automatiques et manuels à la station. Les amoureux de l'histoire météorologique y verront un hiver d'anthologie, et les climatologues un marqueur fiable de la variabilité naturelle du climat bourguignon.

Source : Météo-France — station DIJON-LONGVIC, période 1921-2026.

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